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12-04-2018

Actions pour le centre-ville : avis d'une entrepreneure engagée, Bernadette Bres Reboul

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Au moment où les pouvoirs publics s'emparent des enjeux de la revitalisation des centres-villes et du commerce de proximité (Cœur de Ville, rapport Marcon...), interrogeons une élue bien placée pour en parler : commerçante indépendante, membre active de la CCIR Paca et de la CCI du Pays d'Arles, Bernadette Bres-Reboul se mobilise depuis longtemps sur le sujet.

Bernadette Bres Reboul élue CCIR Paca

  • Pensez-vous que le programme Cœur de Ville, lancé par le ministre de la Cohésion des Territoires et qui flèche 13 communes de Paca sur les 222 retenues, va vraiment relancer le commerce de proximité et plus globalement revitaliser les centres urbains ?

Bernadette Bres Reboul : « Bien évidemment, ce plan national est une aubaine pour les centres-villes ! Mais je ne suis pas certaine que la somme suffise : 5 Md€, cela peut sembler énorme, mais étalés sur cinq ans et divisés par le nombre de communes bénéficiaires, je pose la question. J’espère surtout que ce cofinancement sera utilisé à bon escient en termes de gouvernance et de pilotage : il faut absolument que les communes travaillent en lien rapproché avec les associations de commerçants et avec les élus référents et conseillers commerce des CCI qui sont sur le terrain. Pour Arles et Tarascon, je me réjouis que le contact soit déjà bien établi en vue de la collaboration. Nous avons d'ailleurs évoqué des idées séduisantes. »

Programme Action Coeur de Ville

  • Pouvez-vous nous dévoiler quelques-unes de ces idées, même si elles sont à l'état d'ambitions et que rien n'est encore acté ?

B. BR : « J'ai confié à mes interlocuteurs qu'il me semblait indispensable d'établir un plan des vacances commerciales, ceci afin de susciter un rapport plus étroit entre périphérie et centre-ville. Au lieu de se faire éternellement la guerre, de se positionner toujours en contre, on doit créer des passerelles, œuvrer en bonne intelligence et de manière coordonnée. Une idée ? La "carte de fidélité 2.0" : un principe de carte connectée, une appli mobile par exemple, qui permettrait au consommateur faisant habituellement ses achats dans les centres commerciaux en périphérie d'engranger des points à dépenser obligatoirement dans les commerces du centre-ville. Et je ne parle pas que pour le Pays d'Arles : une carte universelle déployée sur tout Provence-Alpes-Côte d'Azur. »

Dossier de presse Coeur de Ville

  • Et au-delà du programme Cœur de ville, quelles actions régionales mène le réseau des CCI de Paca pour soutenir l’attractivité des centres-villes et de leurs commerçants ?

B. BR : « On n'a pas attendu le réveil des pouvoirs publics sur la problématique urgente des centres urbains pour se mobiliser, surtout en Paca qui compte 142 000 établissements commerçants : la moitié de notre activité économique et quelque 426 000 emplois (source) ! Notre commerce de proximité  n’est pas obsolète, ni malade : c'est le centre-ville qui a besoin d'être sauvé. Comment ? En le rendant plus accessible et plus attractif : en facilitant le stationnement, avec notamment des aides financières pour réduire les coûts de parking ; en mettant en place des micro-crèches et autres services de conciergerie qui, de plus, créeraient des emplois, et ceci à l’échelle régionale. Par ailleurs, on doit aussi -et on le fait avec Digishop- aider les commerçants à développer leur visibilité numérique, parce que la vitrine digitale ne peut que servir l'enseigne physique ! Ils sont déjà 45 sur toute la région à avoir rejoint le programme d'accompagnement. »

Rapport Marcon revitalisation commerciale

  • Un mot sur la mission prospective animée par André Marcon, ancien président de CCI France, quant à la revitalisation commerciale des petites et moyennes villes ?

B. BR : « Je suis assez d'accord quand il évoque la solution de laisser plus de latitude aux commerçants pour les jours et heures d'ouverture, oui, mais dans la mesure où chacun ne fait pas ce qu'il veut, quand il veut, de manière désorganisée : un cœur urbain n'est palpitant que s'il bat à l'unisson. J'incite surtout les commerçants à se fédérer en associations afin d'avoir plus de poids dans le dialogue avec les communes. Il faut aussi développer les "managers de centre-ville", ces interlocuteurs qui font le lien entre les commerçants, les services de la mairie et les conseillers CCI. Je conclurais sur une anecdote. J'étais récemment en déplacement à Arras qui, subissant un mitage énorme, a bénéficié d'une opération exceptionnelle de la municipalité qui a dédié sept personnes au centre-ville. En étroite collaboration avec les propriétaires, la mairie a, soit préempté des locaux, soit influé pour éviter les gros loyers ; elle a ainsi attiré de nouveaux commerçants sur les pas de porte et fait en sorte que les habitants reviennent habiter dans les étages. Et quand une artère était trop longue, elles a modifié le PLU pour que les rez-de-chaussée d'immeuble puissent devenir des habitations au lieu de rideaux baissés. A méditer. »


Retrouvez Bernadette Bres Reboul lundi 16 avril à Aix-en-Provence pour les Assises Régionales de la Librairie : intervenant en plénière à 13h30 sur le thème "Quelles situations économiques et urbaines en Paca ? Comment défendre la librairie en centre-ville ?" et dans l'atelier N°2 à 16h30 interrogeant "La librairie, un commerce de proximité comme les autres?" . Inscrivez-vous ici

 
 
 
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