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30-10-2015

CCI / REGIONALES : LE GRAND ORAL DES TROIS CANDIDATS SOUMIS A L'INTERPELLATION

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Jeudi 29 octobre, le réseau des CCI de Provence-Alpes-Côte d'Azur conviait trois des prétendants à la présidence de la Région, à répondre à son interpellation sur les enjeux économiques détaillés dans un Livre Blanc remis aux 450 participants. Et si les régionales, scrutin traditionnellement à peu d’enjeux, représentaient, pour une fois, des élections importantes ?

Avec la réforme territoriale incarnée par la loi NOTRe, les Régions se sont vu octroyer de nouveaux pouvoirs avec des capacités d’intervention accrues, notamment en matière de développement économique, de promotion économique à l’international. Si Provence-Alpes-Côte d’Azur échappe au « remembrement » géographique, son profil évolue. Aujourd’hui parmi les plus puissantes et grandes de France, elle se retrouve mécaniquement en queue de peloton. « Les élections régionales nous offrent une fenêtre de tir importante pour faire remonter les préoccupations des entreprises et faire entendre notre voix » explique Maurice Brun, président de la CCI de région, évoquant le Livre Blanc des CCI de Paca.

« Nous avons voulu, dans cette production, agréger plusieurs messages. Au vu des nouvelles responsabilités notamment en matière économique des Régions, c’est le moment d’aligner les curseurs entre ces nouvelles compétences et l’expertise des CCI pour accompagner l’entreprise dans ce grand mouvement de transition économique, qui dépasse largement la seule numérisation ou mutation énergétique, former les hommes en conséquence et construire le territoire de demain. Les CCI et les Régions ont plus que jamais un objectif commun : le développement économique et l’attractivité́ de ce territoire. Le milieu économique veut être associé à sa gouvernance », détaille Louis Aloccio, membre du bureau de la CCI de région.

Messages passés. Décor planté. Place aux propositions des trois premiers candidats dans les sondages sur un format de grand oral solo.

Christian Estrosi : La première Smart Région d’Europe

C’est le 3 fois membre de gouvernements auprès de 2 présidents de la République qui ouvre le ban en égrenant quelques-unes des propositions d'un programme de 64 pages qui nécessiteront un budget de 1,4 Md€. Une feuille de route que le chef de file des Républicains en PACA dit avoir élaborée, sous la houlette de l’ancien préfet de la région Michel Sapin, avec 150 experts, parmi lesquels des signatures de renom dans leur domaine.

Tout en affirmant qu’il souhaitait réaliser 25 % d'économie sur le budget régional, l'ancien ministre de l’industrie veut faire de PACA à horizon 2022 « la première Smart Région d’Europe, où le numérique et l’inter-connectivité permettront l’innovation et génèreront des emplois très qualifiés ». Il s’est engagé à créer 12 opérations d’intérêt régional, organisées autour de filières d’excellence que sont la santé, les biotechnologies, l’énergie, l’aéronautique, l’économie, maritime, le tourisme, la défense, l’agriculture. Le « père » du Fonds stratégique d’investissement annonce également la création d’un Fonds d’investissement des entreprises régionales. Le député des Alpes-Maritimes entend également mixer apprentissage et excellence, grâce à une Banque régionale de l'apprentissage, pour mettre les formations en adéquation avec les besoins réels.

« Quatre fois moins de subventions européennes »

Il sera « le partenaire dont la main ne tremble pas », avertit le candidat qui ne déteste pas égratigner la gestion socialiste : « La part de l’investissement est passée de 53 % du budget régional en 1998 à 27 %, La dette a été multipliée par quatre, à 2,6 Md€ et les impôts ont explosé de 110 % »

La Région, sous sa présidence, sera offensive : « aujourd’hui, notre région perçoit 4 fois moins de subventions européennes que les autres grandes régions et ne consomme que la moitié de ce petit total. Nous irons chercher cet argent ».

Désenclavement

Pour désenclaver la région, le président de la métropole Nice Côte d’Azur défend des grands projets routiers comme le tunnel de Tende, la déviation d’Orange, le pôle d’échange multimodal de Draguignan, La Liaison Est-Ouest l’A51, ce qui nécessitera de renégocier le Contrat de Plan État-Région, prévient-il.

Quant au développement à l'international, il finit de se comparer, rappelant que dans le cadre de la métropole Nice Côte d’Azur, « il verse 10 M€ pour sa promotion économique à l'international alors que la Région ne débourse pas plus de 14 500 € annuels pour soutenir les entreprises qui travaillent à l'export. »


Christophe Castaner : La Californie de l’Europe

Malgré « la double peine que représente le gouvernement et les 18 ans de majorité régionale », le candidat de la gauche socialiste, qui n'a pas réussi à rassembler son camp (les écologistes ayant décidé de s'allier au Parti de gauche) pense « que cette région ressemble à la Floride et que l'on peut en faire la Californie, sur tous les sujets : son ouverture sur la Méditerranée, la place des personnes âges, le tourisme. Derrière, c'est de l'emploi et de l'économie. »

Où est la grande école de formation aux métiers du tourisme ?

Pour ce faire, estime l’ancien vice-président de la Région à l’économie, « cela implique de mettre en place des écoles de formations. Par exemple, on est la deuxième région de France après Paris en matière de tourisme. Où est la grande école de formation aux métiers du tourisme ? Le département des Alpes-Maritimes devrait porter ce projet et le conseil régional doit l'accompagner. »

Élever le niveau de jeu des entreprises

Le maire de Forcalquier estime que la région dispose d’une base solide avec entre 20 et 30 pôles d’excellence, dont il faut faire « des outils croissance économique ». « Nous devons mobiliser l'ensemble des moyens pour accompagner les entreprises à passer le cap de la numérisation et à devenir des acteurs. L’amélioration de la formation professionnelle est absolument indispensable pour permettre aux actifs de faible niveau de qualification d’accéder aux emplois offerts. La promotion de l’apprentissage est un indispensable outil d’insertion. »

Pas d’investissements directs

Le rapporteur de la Loi Macron, ancien chef de cabinet au sein de plusieurs ministères du gouvernement Jospin, a pu étonner en annonçant être contre les investissements directs de la Région : « L’accès aux crédits des entreprises doit être fluidifié avec des financements dédiés. On a aujourd’hui une offre de la banque publique d’investissement qu’il faut renforcer avec des garanties de prêts, du coinvestissement. L’intermédiation bancaire reste primordiale. » Il se dit « favorable à ce que la Région se substitue à un acteur privé dans le capital d’une entreprise en difficulté », comme la SNCM et à vouloir gérer la région avec les yeux rivés sur le cadran du ROI.

L’A51, on vous ment si…

Quant au désenclavement de la région, la tête de liste socialiste rappelle que le gouvernement s’est engagé à débloquer des milliards pour dé-saturer les nœuds ferroviaires de Marseille et de Nice, mais qu’il faut cesser de « vivre de chimères » : « Toute personne qui vous dira "Moi, président, l’A51, je réglerai le problème", vous ment. Toute personne qui sait compter -2,5 Md€ - sait très bien que nous n’avons pas les moyens de financer ».

Marion Maréchal-Le Pen : Patriotisme économique

La chef de file frontiste, que les sondages donnent au coude-à-coude avec Christian Estrosi dans l’une des régions que l’extrême-droite convoite le plus, remet les pendules à l’heure : « Il y a beaucoup de fantasmes sur mon programme économique. Il est hors de question demain d’avoir une gestion idéologique de la région. Je suis entourée par six chefs d’entreprise ».

Appui prioritaire aux TPE et PME

La petite fille de Jean-Marie Le Pen, qui partage avec son grand-père le goût des formules sans appel, ne se fait pas prier pour dénoncer une Région « qui ne donne que 100 M€ aux entreprises », assurant de faire le tri dans les nombreuses structures, et de réorienter les aides pour les dédier en priorité aux PME et TPE : « nous simplifierons les structures pour faciliter l’accès aux aides et créerons un guichet unique où seront représentés les milieux économiques car il les plus aptes à juger de la viabilité d’une projet économique et de la pertinence à engager des fonds publics. »

La jeune députée de Vaucluse entend également renforcer au niveau local « le patriotisme économique » en favorisant les clauses de responsabilité sociale (nombre d’apprentis par exemple) et environnementale ainsi que les circuits courts dans les appels d’offres des marchés publics.

Méfiance à l’égard d’une Région très autonome

Elle entreprendra un audit sur le fonctionnement et les financements actuels de la formation professionnelle, qu’elle estime « opaque » et fonctionnant sur un « système de rentes ». Elle surprend en confiant sa méfiance à l’égard de l’autonomisation de la Région estimant qu’elle n’a pas à se substituer à l’État et dénonce la tendance actuelle à vouloir concentrer efforts et ressources sur les grands centres urbains, raison pour laquelle « elle aura un vice-président en charge des relations avec les communes pour qu’elles puissent trouver à la Région un interlocuteur qui les traite d’égal à égal ».

De la même façon, elle s’inscrit contre le gigantisme voulu des régions, d’inspiration allemande, estimant que les liens entre taille et compétitivité ont été largement contestés.

Pas de Ligne Nouvelle

Quant au désenclavement du territoire, présidente, elle miserait sur le développement de la fibre optique, renoncerait à la Ligne Nouvelle Provence Cote d’Azur qui « nécessite un budget colossal pour gagner 20 minutes ». D’autres projets « moins paillettes », comme le tunnel de Montgenèvre, la rocade de Gap, une 2x2 voies en lieu et place de l’A51 et la rénovation des TER lui « paraissent plus pertinents ». 

« Finalement, on s’aperçoit qu’il y a des convergences entre les trois candidats et c’est l’économie qui veut cela », résume l'expert Roland Cayrol, directeur de recherche associé au Cevifop (Science Po) invité par les CCI de Paca à passer au crible les programmes des trois candidats en regard du Livre blanc.

« Christian Estrosi est assez en phase avec ce que vous défendez : sobriété et rigueur dans les dépenses de fonctionnement mais j’ai une réserve quant à la faisabilité de la renégociation du Contrat de Plan État-Région. Christophe Castaner a un argumentaire qui a du sens et une vision assez proche de vos recommandations. Il veut aussi installer des mégapoles au niveau européen. Si ces deux hommes là avaient comme exercice imposé de faire un programme économique commun, il ne leur faudrait pas la nuit pour le faire ! », s’amuse le directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevifop). Quant à Marion Maréchal-Le Pen, elle présente des spécificités en défendant « une institution qui pourrait se substituer aux banques auprès des PME et participer à leur capital. Son patriotisme économique est contraire à la réglementation européenne et elle suggère de le contourner en utilisant les normes sociales et environnementales dans les marchés publics. »

Photos ©  François Moura / CCIR Paca

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