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24-11-2020

L'heure de la réindustrialisation ? On a suivi le Grand débat du Forum Industrie de Demain

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Des orateurs de premier plan ont fourni, vendredi 20 novembre, un éclairage sur l'avenir de l'industrie -européenne, française, régionale- et les moyens de se relever de la crise. Il n'y aura pas d'industrie, demain, sans énergie, sans services, sans relance, sans relocalisation, sans changement de modèle : les témoignages du grand débat digital du #ForIndustrie l'ont confirmé. Extraits.

En introduction de ce rendez-vous proposé par Industries Méditerranée, EDF et l'UIMM, Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Métropolitaine Aix-Marseille-Provence qui accueille habituellement l'événement au Palais de la Bourse, rappelle que « dans le sigle CCI, il y a l'industrie : au passé, au présent et au futur. Il faut que cela le reste longtemps. » Jean-Bernard Levy, président d'EDF souligne que la "perte" de notre industrie française des années en arrière a eu « des incidences sur l'emploi, la qualité de ces emplois et la crise Covid a été un révélateur de ces fragilités. » Quand Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne et modérateur du débat lui demande quelles sont les pistes pour relever l'industrie de la crise, la réponse est pragmatique : « la plus solide des mesures du plan de relance est la baisse des impôts de production mais c'est juste 2,2 points d'écart avec l'Allemagne. Nous avons besoin de marges de manœuvre. » En tous cas, l'avenir de l'industrie passera par l'énergie (la 3e filière française du secteur) pour le patron d'EDF qui confirme maintenir ses investissements malgré le contexte et la baisse du chiffre d'affaires : une bonne nouvelle pour les 13 850 entreprises fournisseurs du groupe, dont 4 000 en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Chiffres clefs Industrie région Sud by CCIAMP

Pas d'industrie, demain non plus, sans les services. C'est ce que conforte le témoignage d'Emilie de Lombares, présidente du directoire d'ONET : « nous sommes de plus en plus liés à l'activité de nos clients : on l'a appris de cette crise qui a démontré la capacité à s'organiser en réseau pour trouver des solutions. » Alors que le groupe ONET a mit deux semaines à se faire reconnaître comme activité essentielle lors du premier confinement, son rôle est apparu vite évident pour les sociétés industrielles, notamment en matière de process avec les équipes, de gestion de l'humain. 

L'industrie de demain est au cœur de France Relance avec 35 Mds€ mobilisés sur les 100 Mds€ d'aides du Gouvernement. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de L'Economie souligne :  « Nous avons fait le choix d'un plan extrêmement puissant, d'une part pour sauver notre appareil productif afin qu'aucune entreprise ne meure en bonne santé ; d'autre part, pour sauver les compétences, notamment via le chômage partiel, afin que les entrepreneurs soient en capacité de redémarrer et rebondir très vite. Nous nous donnons la chance de maintenir la croissance ! » Alexandre Saubot, vice-président de France Industrie, de confirmer : « ces mesures évitent d'ajouter une crise économique à une crise sanitaire ; si le taux d'activité était remonté à 95 % dans l'industrie avant le reconfinement, il devrait tourner autour de 85 % fin novembre. On attend impatiemment les mesures d'allègement des restrictions car l'activité de ce secteur est lié à l'activité des autres : du commerce, du tourisme... » 

Relance industrielle : relocalisation APP Gouvernement

« Pour refonder l'industrie, nous devons être plus résilients, à la pointe de la transformation écologique et  numérique, précise Thierry Breton, Commissaire européen. Le marché intérieur est l'objet de tous nos efforts : il doit être opérationnel et résistant pour nos entreprises européennes, pas seulement les industries manufacturières ! Nous travaillons à une cartographie complète des financements par écosystème. » Au fait, qu'entend-on par réindustrialisation ? Enrico Letta, ancien Premier ministre italien, président de l'Institut Jacques Delors, doyen de la Paris School of International Affairs Sciences-Po Paris et fondateur de l’Académie Notre Europe évoque une conviction : « le futur de l'Europe doit être industriel et soutenable. C'est le grand défi de Next Generation UE (750 Mds€ pour la relance) avec une fiscalité européenne plus intégrée. Maintenant que les Britanniques sont sortis, on n'a plus de véto sur ce point ! On va pousser sur l'innovation, gérer l'aspect social de la crise au sein de l'Union Européenne. » Et en Provence-Alpes-Côte d'Azur ? Renaud Muselier, président de la Région Sud, rappelle l'action : « nous avons travaillé à la fois sur la crise sanitaire et la crise économique avec 1,4 Mds€ de dépenses exceptionnelles, 400 000 emplois aidés, une task force réunie tous les mercredis avec nos partenaires - dont la CCI de région (NDLR). Nous avons un vrai territoire d'industrie riche de toutes les énergies. Je crois à un développement économique équilibré, une collaboration avec tous les acteurs de la filière, une méthode de travail avec le Gouvernement, avec les autres régions aussi. » Le président Muselier précise que la baisse de l'impôt de production représente 637 M€ en région Sud et 100 000 emplois créés d'ici 2030. 


INDUSTRIE : plan de relance région Sud

Donc l'industrie, oui, mais quel modèle ? Alexandre Saubot rappelle que « si la France possède déjà le PIB qui émet le moins de carbone en Europe, ce n'est pas  pour en créer ailleurs ! On a de la pédagogie à faire sur le chemin de la réindustrialisation. A nous de faire vivre les outils déployés sur la partie fiscale, de répondre aux défis de l'emploi et de l'environnement. »  Jean-Dominique Sénard, président du groupe RENAULT, invite à réfléchir :  « il est important de se demander quel capitalisme nous voulons demain. A l'heure d'une certaine défiance et d'une montée des populismes, la solidarité européenne peut apporter des réponses. Alors, bien sûr qu'il faut faire du profit, mais en tenant compte réellement des enjeux sociaux et environnementaux. » Parmi les leviers de ce capitalisme intelligent, il évoque : une épargne européenne intégrant des critères concrets ; la reprise en main des normes comptables avec une harmonisation et une méthode commune au sein de l'UE ; une souveraineté européenne nécessaire, essentielle pour le futur. 


Durant la semaine du 5e Forum Industrie de Demain, la CCIAMP dévoilait les chiffres clés de l'industrie en Provence-Alpes-Côte d'Azur  


Visionnez le replay du Grand Débat du #ForIndustrie ici